Mois de Juin, 14h45, Centre de Cologne, Allemagne.
Je passe les portes de l'hôtel, essayant de garder une allure sérieuse. Je suis architecte, voyez-vous, et j'ai rendez-vous avec un architecte allemand particulièrement compétent. Wouuh, en y repensant, je n'en reviens toujours pas qu'il m'ait choisit, MOI ! Moi, avec même pas 3 années d'exercices, et lui ... beaucoup plus vieux. Enfin, c'est pas ... Oula ! Bravo Mélanie ! A rêvasser comme ça, tu as encore faillit te prendre une poubelle ! Concentre-toi un peu sur ta route. Eh ! Non mais j'hallucine ! Pourquoi elle me regarde comme ça cette ... Grr, elle se prend pour qui ? Elle se croit supérieure avec son tailleur et ses talons aiguilles ?! J'ai rendez-vous avec Hans Rotterschild, MOI ! Haha. Ouais, il faut quand même avouer, qu'à coté d'elle, habillée comme ça, j'ai l'air d'une trainée... Au moins, moi je ne fais pas secrétaire cochonne qui se tape son patron ! (Na !). Si Ornella m'avait vu sortir comme ca ... Non, elle ne m'aurait pas laissée sortir. J'aurais eu le droit à tout un discourt sur l'importance de la tenue, elle m'aurait fait enfiler de force un de ses tailleurs, en s'efforçant de ma faire ressembler à quelqu'un que je ne suis pas.
Et Merde. C'est définitif, je suis une imbécile.
Je ne sais absolument pas où je suis. Non mais comment est-ce possible de se perdre en se rendant devant une cathédrale ! Une cathédrale c'est immense ! Ca se voit à des kilomètres !
Bon, il n'y à pas 36 solutions, je dois demander mon chemin à quelqu'un. Voyons ... ce vieil homme ? Oh mon Dieu ! Non ! Il fait trop peur !! Cette femme alors ? Elle n'a pas l'air d'être d'ici ... Celui-ci ? Beuk, vraiment trop moche. Non mais c'est pas vrai ! J'hallucine de moi-même ! Si je continu ainsi, je ne m'en sortirai JAMAIS ! Voila, c'est décidé, ce sera ce gars de dos là, point final. J'avançai d'un pas décidé vers l'homme en question.
Moi : Excusez-moi, Monsieur ?
Il se retourna. L'espace de quelques secondes, je fus incapable de produire le moindre son. Il avait un look bien rock, un tee shirt noir avec une tête de mort argentée, des chaines autour du coup et des poignés... Le genre de style auquel je ne peux pas résister. Il était brun, de très beaux cheveux bruns d'ailleurs, il avait les yeux marrons, avec un regard, profond, intense, de telle sorte que j'aurais voulu m'y noyer. Je ne pouvais détourner mes yeux des siens. Enfouie dans mes pensées, j'admirais son visage. Un pli s'était formé entre ses yeux, il paraissait inquiet. Sans m'en rendre compte, je lui souris. Aussitôt, cette expression d'anxiété quitta son visage et ses lèvres s'étirèrent en un magnifique sourire. Oula ... ce sourire ...
YOUHOUU ! NON MAIS MELANIE !!! POUR L'AMOUR DE DIEU, REVIENS SUR TERRE ! TU AS UN PUR CANON JUSTE DEVANT TOI, ET TU RESTES LA, COMME UNE CONNE A L'ADMIRER !!
Moi : Hum ... euh ... [Minceee, je voulais quoi déjàà ? Ah oui...] ... je voulais vous demander si vous pourriez m'indiquer où se trouve la cathédrale s'il vous plait.
Une expression étrange passa sur son visage, indéchiffrable. Il sourit de plus belle et parla :
Lui : Alors... au bout de cette rue, vous devez tourner à droite au bout de la rue, il y a une petite
place, vous prenez la 2e à gauche et ...
Il marqua une pause. Est-ce que l'expression perdue de mon visage me trahissait ? Il reprit :
Lui : En fait, c'est assez compliqué. Je pense que je ferais mieux de vous y emmener moi-même.
C'est mon jour de chance. [YES !!] Il commença à marcher, et je le suivis. Nous avions fait quelques pas lorsqu'il engagea la conversation :
Lui : Alors, vous êtes française c'est ça ?
Moi : Mon accent m'a trahit ?
Lui : Oui, un peu, mais vous parlez très bien allemand !
Moi : Merci, c'est très gentil.
Lui : Vous êtes ici en vacances ?
Moi : Oh non, hélas, non ! Je suis ici pour le travail. Je dois rencontrer un
collaborateur devant cette cathédrale.
Lui : Quel est votre métier ?
Moi : Je suis architecte.
Lui : D'accord. Ah, je crois que votre rendez-vous est à l'heure.
Moi : ...Et moi non !
Nous étions à quelques dizaines de mètr es du grand bâtiment et un homme, plutôt grand, vêtu d'un costume, un attaché-case à la main, s'éloignait des grandes portes de bois devant lesquels il attendait et s'avança vers nous.
Moi : Au fait, je m'appelle Mélanie.
Lui : ..Bill
Il sembla perplexe, comme s'il attendait une réaction de ma part. Croyait-il que j'allais me moquer de son nom ? Ce n'est vraiment pas mon genre ! Peut- être qu'en Allemagne, le prénom Bill a une signification particulière ... Enfin bref.
Moi : Eh bien, merci Bill. Merci beaucoup de m'avoir accompagnée.
Bill : Y a pas de quoi.
Une nouvelle fois, son sourire me transporta dans un autre monde, mais je redescendis vite sur Terre lorsque je vis Mr Rotterschild, l'air grave, à seulement quelques pas de moi. Nous nous échangeâmes un au revoir et 'Bill' s'éloigna. Je parcourus la distance restreinte qu'il restait entre mon collaborateur et moi et lui tendit la main.
Moi : Mr Rotterschild, je présume. Bonjour, Mélanie Schmitt.
Mr R. : C'est exact. Bonjour Mademoiselle Schmitt, c'est un plaisir de vous
rencontrer.
Je perdis Bill de vu lorsqu'il s'engagea dans une ruelle. Quoi ? Bien sur que je le mâtais, la vie est trop courte pour ne pas en profiter.
En effet, quelques petits Changements s'imposaient...
Bisous :)